Nicolas Sarkozy veut mener cette réforme au nom de l'équité, en alignant ces régimes (SNCF, RATP, industries électriques et gazières, marins, mineurs, clercs de notaire, parlementaires...) sur celui de la Fonction publique. Au total, 1,6 million de bénéficiaires (dont 500 000 actifs) sont concernés. En 2003, la loi Fillon avait déjà contraint les fonctionnaires à s’aligner sur le régime général (salariés du privé) en passant à 40 ans de cotisation.
Dimanche dernier, le Premier ministre est revenu à la charge et provoqué un véritable tollé dans le monde syndical en affirmant que la réforme des régimes spéciaux était « prête » et n’attendait que « le signal » du chef de l’Etat, laissant ainsi entendre que le texte était ficelé. Une provocation pour les syndicats alors même que le climat social est déjà très tendu à la SNCF et chez EDF et GDF.
"Risque de conflit majeur"
Du côté de l’opposition, le sujet embarrasse. Manuel Valls, député-maire PS d’Evry (Essonne), applaudit là où Benoît Hamon, porte-parole du parti, se montre moins loquace et semble attendre que le gouvernement s’embourbe dans une situation délicate.
Il faut dire que le sujet est ultra-sensible. En 1995, il avait balayé d’un revers de main le gouvernement d’Alain Juppé.
Douze ans plus tard, François Chérèque, le patron de la CFDT, prévient : si le gouvernement passe en force (décret), il y aura un « risque de conflit majeur ». Un premier test grandeur nature en somme pour l’hyper-président Sarkozy.

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