Crédit Photo © François Lafite (http://www.flickr.com/photos/francois_lafite)Mercredi soir, sur TF1, Nicolas Sarkozy passait son premier grand oral devant les Français. Au terme d’une interview fleuve de près de 50 minutes, il a réussi à en dire davantage que Jacques Chirac en douze ans et, par là même, dépoussiérer une fonction présidentielle devenue quasi-ringarde.
Au fond, c’est peut-être ça la vraie rupture. Faire de la politique autrement. D’aucuns diront que sa prestation s’apparente fort à une pure stratégie de communication. Mais après tout, tous les pensionnaires de l’Elysée ont usé des mêmes artifices jusqu’à présent. A ceci près que Sarkozy, aussi fougueux qu’imprévisible à chacune de ses interventions, a redonné, me semble-t-il, un intérêt à ce type d’entretiens, souvent considérés comme pompeux. A tel point que près de 14 millions de Français trônaient devant leur téléviseur vers 20h30 mercredi. Un record. Certes, tous n’étaient pas là pour écouter les promesses du nouveau Président et beaucoup attendaient la nouvelle série de l’été sur la première chaîne. Mais ces Français-là, en tout cas, l’ont suivi jusqu’à 21 heures dérogeant à la règle du zapping télévisuel.
Au fond, c’est peut-être ça la vraie rupture. Faire de la politique autrement. D’aucuns diront que sa prestation s’apparente fort à une pure stratégie de communication. Mais après tout, tous les pensionnaires de l’Elysée ont usé des mêmes artifices jusqu’à présent. A ceci près que Sarkozy, aussi fougueux qu’imprévisible à chacune de ses interventions, a redonné, me semble-t-il, un intérêt à ce type d’entretiens, souvent considérés comme pompeux. A tel point que près de 14 millions de Français trônaient devant leur téléviseur vers 20h30 mercredi. Un record. Certes, tous n’étaient pas là pour écouter les promesses du nouveau Président et beaucoup attendaient la nouvelle série de l’été sur la première chaîne. Mais ces Français-là, en tout cas, l’ont suivi jusqu’à 21 heures dérogeant à la règle du zapping télévisuel.
Dire les choses simplement. Parler directement aux citoyens, au coin du feu comme un Kennedy en d’autres temps et en d’autres lieux. Prendre la posture d’un anti-intellectualisme parfois primaire. La langue n’est pas celle d’un Pompidou. Le style n’est pas grandiloquent. Mais engagé.
Le Président de la République ne jure que par l’action. Toujours l’action. Il lance des fusées dans tous les sens. « Les réformes et les promesses seront tenues », martèle-t-il.
Le rythme de ce début de règne est effréné. Une stratégie sans doute. Objectif : tout maîtriser et court-circuiter l’opposition en la poussant dans ses retranchements. Et comme le PS est en pleine reconstruction, il n’a, pour l’heure, rien à dire. Rien à proposer.
Mitterrand aimait à dire qu’il « faut laisser le temps au temps ». Sarkozy n’a cure du temps. L’efficacité est sa devise. L’allure est si rapide que, dans cette manière de faire, même le Premier ministre est court-circuité. Le discours de politique générale ? C’est Nicolas qui s’en charge. Mini-révolution ? Peut-être. « Changement de régime », avouait même à demi-mot Georges Tron, député UMP de l’Essonne, lundi.
Mais à trop vouloir brusquer les choses, on finit par rencontrer des difficultés. A commencer par le fait d’être constamment en première ligne. Dans cette stratégie omnipotente, le Premier ministre n’est plus un fusible. C’est au Président d’assumer son rôle. Au risque de se brûler les ailes tout seul. Et de provoquer une véritable crise… de régime. En effet, imaginons que le projet de loi sur l’autonomie des universités soit confronté à des résistances sur les campus en octobre. Les grèves se propagent et des blocages apparaissent çà et là. Nicolas Sarkozy se rendrait-il alors dans les facs pour discuter directement avec les étudiants (ce dont je le crois capable) ? Et si ces discussions échouent, que se passera-t-il ? Qui sera le référent alternatif, apte à apaiser les esprits et mettre un terme à la crise ?
Ensuite, à vouloir trop faire vite, on fait souvent mal. Le Président de la République pourra-t-il tout mener de front en même temps ? Les réformes engagées sont capitales et éminemment lourdes à conduire. D’autant qu’il lui faudra, simultanément, s’assurer de la confiance de l’opinion. Et là, l’état de grâce dans lequel il baigne aujourd’hui ne sera pas infini. Autant les Français ne lui reprocheront probablement pas ses réformes structurelles, faute d’alternative crédible. Autant sa mission sera plus délicate en matière sociale, l’opposition relayant activement les inquiétudes des syndicats et des salariés.
Enfin, et c’est peut-être le plus important : Nicolas Sarkozy est-il prêt au dialogue, lui qui accepte difficilement d’avoir tort, d’être critiqué ? Dialoguer, cela suppose d’avoir du temps devant soi. En homme pressé, le Président ne semble pas en avoir. Il devra pourtant en prendre. Au risque de retomber dans les mêmes travers que ces prédécesseurs qui, en confondant parfois autorité de l’Etat et autoritarisme, ont dû renoncer à leurs ambitions.

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